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PAYS-BAS

"Dieu a créé le monde, les hommes ont construit les Pays-Bas..."

Nichés au nord-ouest de l'Europe, les Pays-Bas sont un royaume de quelques 17 millions d'habitants répartis sur 41 530 km2.

Sa capitale Amsterdam, particulièrement connue pour sa vie artistique et ses pistes cyclables, abrite 850 mille âmes ce qui en fait la ville la plus peuplée du pays. Les Pays-Bas sont également limités au nord par l'Allemagne et au sud par la Belgique.

Sa particularité réside dans son rapport amour-haine à l'eau. En effet, une importante partie de son territoire se situe en dessous du niveau de la mer, ce qui explique que ses habitants ont dû apprendre à apprivoiser et à se protéger des aléas climatiques. Ce rapport particulier à l'eau est d'ailleurs inscrit dans le nom de sa capitale, Amsterdam provenant de l'ancien néerlandais Dam (digue) sur l'Amstel, fleuve à partir duquel s'est construit le pays.

ROTTERDAM

PREMIER PORT D'EUROPE

Située dans la province de Hollande-Méridionale (Hollande du Sud) sur la côte Ouest des Pays-Bas et à l’embouchure de la mer du Nord en aval de l’estuaire Rhin-Meuse, Rotterdam nous a paru un lieu idéal pour notre sujet d’analyse.
Pour une surface de 320km², dont 115km² (35% de la ville) occupée par l’eau, Rotterdam compte près de 634 253 habitants, pour une densité forte de 1986 hab./km² et 1 424 662 habitants dans son agglomération.

Rotterdam possède le plus grand port d’Europe et est la plus importante ville du Pays-Bas après Amsterdam. Effectivement, sa situation géographique est hautement stratégique sur le plan commercial : montrant un accès depuis la Mer du Nord et le Rhin-Meuse.  Vis principalement du commerce maritime.

C’est aujourd’hui le 9ème port mondial, derrière les ports chinois et singapouriens.

Face à la mondialisation et la concurrence, le port de Rotterdam a dû néanmoins lancer plusieurs projet d’agrandissement. En effet le projet d’extension de la Maasvlakte 1, a pour but de créer une relation directe avec les eaux profondes pour faciliter le commerce maritime.

RAPPORT À L'EAU

SE PROTÉGER EN LA REPOUSSANT

Les Pays-Bas est une zone fortement exposée aux inondations et aux submersions et aux submersions marines, du fait de leur situation géographique. On compte près de 26% de son territoire sous le niveau de la mer, induisant un nombre considérable de zones inondables. De ce fait, la maîtrise des eaux (notamment du delta, de la Meuse, du Rhin et de l’Escaut) a toujours été importante pour la survie du pays.

Il faut d’ailleurs savoir que les Pays-Bas se situent dans une zone de subsidence marine à cause de la forte présence de sédiments liée au delta : c’est une zone affaissement de la surface de la croûte terrestre. C’est situation augmente alors considérablement le risque de transgression marine, un envahissement durable du littoral par la mer.

Ainsi, avant même les enjeux climatiques (tels que la montée des eaux) qui se posent actuellement, les Pays-Bas ont dû développer maintes stratégies afin de modifier le profil de leur territoire et leur habitat.

En effet, le pays a souvent modifié sa structure paysagère, que ce soit par des remblais ou des digues, celui-ci est passé par de nombreuses expérimentations et cela depuis le Ier siècle avant J-C. C’est la raison pour laquelle nous pouvons constater aujourd’hui que c’est un des pays les plus en avance au niveau de la gestion de l’eau.

ÉVÉNEMENTS MARQUANTS DANS L'ÉVOLUTION DE LA LUTTE CONTRE L'EAU

systèmes de base

500 AV. J-C

Âge de fer, création de Terps : colline artificielles bâties pour surélever. L'église se situe généralement sur cette colline artificielle, considérée comme la pièce la plus importante du village

50 AP. J-C.

Les Pays-Bas sont protégés par le cordon dunaire, permettant au lac Flevo de subsister

IIIè au VIIIème siècle

Transgression marine dunkerquienne. Cet évènement induit une rupture du cordon dunaire et les surfaces occupées par la mer augmentent. On constate la salinisation du lac Flevo, devenant par la suite la Zuiderzee

XIème siècle

Le pays instaure l'économie d'extraction de la tourbe pour créer des combustibles. Néanmoins, cette action n'est pas sans conséquences et fragilise les sols.

En parallèle, une consolidation des berges est faite avec la mise en place de digues.

XIIème siècle

Office des eaux des Pays-Bas

XIIIème siècle

Les Pays-Bas ont envie de gagner des terres en plus de se protéger de la mer. On endigue alors les marais et on consolide à nouveau le système de digue

XVIème siècle

Les marais deviennent des lacs. En cause : les inondations, l'érosion, l'extraction de la tourbe...

XVIIème siècle

Un nouveau système de gestion de l'eau apparaît, les Polders ou prises, aussi présents en Kamouraska au Québec. Ce sont des grandes étendues artificielles de terres gagnées sur l'eau, des terres endiguées situées en-dessous du niveau de la mer.

Pour créer un , il faut assécher le sol, plusieurs systèmes de drainage du terrain sont donc mis en place. Dans l’ordre de construction d’un nouvelle terre nous avons :

  • Un endiguement de la zone que l’on veut assécher, pour empêcher l’eau de rentrer à nouveau.

  • On crée plusieurs canaux de stockage (comme des drains) servant à collecter l’eau des terres par écoulement.

  • On plante des roseaux dans les zones destinées à devenir sèches (le roseau est une plante qui a la particularité d’assécher, d’absorber l’eau en grande quantité)

  • On établie plusieurs canaux de drainage dans le polder pour récupérer l’eau qui sera reversée (à l’aide de moulin à vent ou de pompe) directement dans me canal de stockage supérieur, puis dans la mer

Les pays vont faire, par ces moyens, une série d’aménagement depuis le XIVème siècle et notamment à Rotterdam qui va voir son fleuve de plus en plus « apprivoisé ».

XIXème siècle

Les murs et portes de la ville sont démolis pour permettre l'extension et l'amélioration des transports fluviaux. En 1872, est créée une voie navigable, Nieuwe Waterweg, qui facilite la circulation entre la Mer du Nord et le centre-ville. On observe ensuite une extension progressive du port de l'Est vers l'Ouest.

1953

Une catastrophe naturelle boulverse les Pays-Bas, plus précisement un raz-de-marée. La mer du Nord remonte en empruntant le lit des fleuves et s'engouffre alors dans les terres...1800 morts et 160 000 hectares de terres sont inondées, sans compter les pertes de bétails et les bâtiments détruits.

MISE EN PLACE DE NOUVELLE MESURES DE GESTION DE L'EAU : LE PLAN DELTA

Suite à la catastrophe de 1953, la décision du projet Delta (lutte contre l’eau)  est prise pour protéger le Delta de la Meuse et du Rhin la Zélande.

Cela se traduit par le renforcement des digues remontée de 5 m et par l’installations  de trois barrages principaux construit à l’embouchure de Meuse, du Rhin et de l’Escaut.

Mais des questions écologiques se posent pour préserver la faune et la flore présente à l’estuaire, notamment les huîtres et otaries. Le barrage de la Meuse est donc fait de manière à être ouvert en permanence sauf pendant les périodes de tempêtes où des portes sont fermées grâce à un système de vérins hydrauliques. On voit donc l’apparition de nouveaux systèmes de gestion/lutte contre l’eau, les barrages mobiles.

Par la suite, un ajout au plan Delta se fait en 1997. L’Europoortkering a pour objectif de protéger la Hollande-Méridionale (sans compter l’Europoort) contre les tempêtes et marées exceptionnelles.
Cette opération située à Rotterdam prendre place via la construction de digue mobile pour protéger le Nieuwe Waterweg, avec en plus le Maeslantkering à Hoek van Holland et le Hartelkering protégeant le canal Hartel.

Durant les Années 70, les Pays-Bas, remis de la catastrophe passée et n’hésiteront pas à créer une extension du port à Rotterdam, appelée le Maasvlaakte. Néanmoins, cette extension ne sera pas suffisante et en 2013 le port se voit agrandi à nouveau, pour des raisons de concurrences économiques liées à la mondialisation.

DE LA LUTTE À L'INTÉGRATION

En parallèle de ces enjeux économiques avec les extensions du port, Rotterdam et les Pays-Bas se posent encore des questions aujourd’hui sur la gestion de l’eau, notamment une revue complète du système actuel, qui n’est pas forcément pérenne en vue des enjeux climatiques futurs.

 

De part leur avance en matière de prévention et lutte des remontées des eaux grâce à leur histoire, une tendance se développe aujourd’hui où l’on essaye d’intégrer l’eau à la ville : ne plus lutter mais cohabiter avec elle.

Avec l’apparition de nouveau projet tels que Rotterdam Water City 2035, les pays instaure de plus en plus l’idée de lié l’eau à notre quotidien, le système de digue et de barrage n’étant pas durable. Une transition majeure se fait au XXI ème siècle, passant de la lutte à l'intégration.

©2019 par Rotterdam : résilience face aux inondations. Créé avec Wix.com

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